A quoi sert-il de croire
Quand tout vous abandonne ?
A quoi sert-il de voirLorsqu’il n’y a plus personne ?
Croire à la vie
Alors que l’homme ternit
Le verbe épanouirAlors que l’homme survit
Pour pouvoir mieux finir.
Croire aux hommesAlors qu’ils voient l’écorce
Sans regarder la sève
Jouent à cueillir les fleursComme on oublie les rêves.
Croire à l’amour
Alors que ceux qu’on aime
S’en vont sur quelques jours ;Qu’est-ce que quelques jours sur toute une vie ?
Pourquoi parler d’amourQuand vous me l’avez pris ?
Ne me dîtes surtout pasQu’il est là, prés de moi
Je l’ai cherché partout
Je ne le trouve pas !Déposer quelques fleurs
Sur un morceau de pierre
Avec une penséeAvec une prière
N’est pas de mon ressort
N’est pas de ma natureCar j’ai beau essayer
Je ne vois que ce mur !
Où sont ses cheveux blancs ?
Son si joli sourire ?Où sont ses yeux d’enfant ?
Que j’aimais tant voir luire !Je suis née de son sang
Bourgeon de ses racinesC’était la seule fleur
Qui n’avait pas d’épine.
Dîtes-moi gentimentOù il s’est relogé
Pour que secrètement
Je puisse l’arroser.Dîtes-moi seulement
Qu’il n’a pas oubliéSoixante-quatorze printemps
De joie et de gaietéEt dix-huit que j’ai passés à l’aimer.
Je ne suis pas Prévert, ni Ronsard, ni VerlaineJe suis comme la mer qui pleure sa sirène
L’immense et pauvre mer qui meurt et se déchaîne De ne pouvoir lui direDes mots comme « je t’aime »,
Des mots comme je t’aime……. !